Europe4People soutient le peuple grec.

Le 28 octobre 1940, la Grèce répondit « non » à l’ultimatum de l’Italie fasciste de Mussolini, qui lui imposait de laisser entrer les troupes italiennes sur son territoire, à des conditions dévastatrices pour le pays et pour son peuple. A l’époque, la Grèce représentait pour l’Italie un territoire stratégique afin de combattre la Grande Bretagne, dans la guerre entre les forces nazi-fascistes et celles de la Résistance.

Aujourd’hui, Juillet 2015, la Grèce constitue de nouveau un élément stratégique dans une nouvelle guerre, fille et mère en même temps de la première : celle entre le capital et la démocratie, entre l’oligarchie et le peuple souverain. Une guerre où l’on n’utilise pas d’armes, et pourtant féroce : celle qui voit les forces anti- démocratiques de la Troïka s’imposer jusqu’à briser un pays, son peuple et son gouvernement démocratiquement élu.

La crise de la Grèce n’enfonce pas ses racines dans l’irresponsabilité d’un peuple paresseux et fraudeur qui a vécu pendant des années sur le dos de l’Union Européenne et de ses Etats Membres honnêtes et zélés. Au contraire, la crise de la dette publique en Grèce a été générée par le comportement sauvage de certaines grandes banques, pour la plupart étrangères. Au cours des cinq dernières années, les gouvernements grecs ont mis en œuvre avec diligence les mesures d’austérité et les réductions de salaires imposées par la Troïka, précisément pour répondre à la crise que la spéculation financière avait déclenché. Ces mesures ont eu sur la Grèce, déjà épuisés, des effets catastrophiques.

Apparemment, si l’on suit la logique des pouvoirs financiers de l’Europe et du FMI, suite à leur ultimatum, le gouvernement Tsipras se serait retrouvé face à deux scénarios possibles: se soumettre, ne pas respecter son programme électoral et, afin de ne pas « embêter l’Europe», accepter une nouvelle dose d’austérité, en condamnant ainsi son pays à la misère définitive; ou bien, entrer en crise et donc être facilement remplacé par un gouvernement plus malléable.

Loin de choisir entre l’un ou l’autre, le gouvernement Tsipras a pris une décision que dans l’Europe actuelle, l’on peut bien définir révolutionnaire : remettre le sort du pays dans les mains de son peuple. Les oligarchies européennes avaient certainement perdu l’habitude à ce genre d’initiative. Quand un État de l’Union, même si pour sortir d’une situation de crise, décide d’entreprendre un chemin différent, dans lequel la volonté et les droits primaires appartiennent à ses citoyens et non pas aux banques ou aux pouvoirs supranationaux, le système vacille. C’est à ce moment-là que l’on peut s’apercevoir de la vraie nature du débat sur la crise grecque: maintenant il devient très clair qu’il ne s’agit plus d’une question purement économique, mais plutôt d’une question liée à l’idéologie et au pouvoir. Une question de (dé) légitimation. Les dirigeants européens utilisent la situation actuelle comme excuse pour imposer à la Grèce de nouvelles mesures d’austérité, mais surtout d’autres politiques répressives et punitives – et, par essence, pour se débarrasser de Tsipras. Se débarrasser, donc, d’un des derniers bastions des forces de la gauche progressiste en Europe.

Il est temps que toutes les forces de gauche se rassemblent et se mobilisent en soutien à la Grèce et au NON au referendum du 5 Juillet prochain. Le choix est très clair : le peuple grec va choisir entre l’abolition de tout ultimatum, pour la construction d’un nouvel espoir collectif, et des nouvelles politiques d’austérité et anti-égalitaires qui mènent surement le pays à la ruine.

Notre réponse sera donc aussi claire.

NON à l’asservissement des peuples aux pouvoirs financiers et anti- démocratiques, oui à la reconstruction de la démocratie.

NON à une Europe des riches contre les pauvres et des puissants contre les faibles, oui à une Europe fondée sur la solidarité, l’égalité et la justice.

Le manque de solidarité pour le peuple grec, ainsi que l’indifférence des Etats et des institutions pour le sort des migrants en Europe, nous convainquent de plus en plus que seulement grâce à un nouveau mouvement de Résistance civile et internationale c’est possible de reconstruire une société juste et solidaire.

Pour toutes ces raisons nous, en tant que Europe4People ainsi que citoyens et citoyennes européens, nous manifestons notre soutien au peuple grec en participant à la grande manifestation qui se tiendra demain, Vendredi 3 Juillet à Bruxelles.

Voici le lien à l’évènement, avec toutes les infos : cliquez ICI.

Cliquez ICI pour signer la pétition internationale « Non à l’austérité ! Oui à la démocratie ! ».